Thèses

En cours – François Sorin – Les pratiques et les usages des technologies numériques par les professionnels du champ du travail social : normes, processus et enjeux.

La recherche porte sur les usages des technologies numériques dans le champ du travail social, et plus particulièrement sur la manière dont se négocient et s’inventent les pratiques numériques des professionnels du secteur social, au sein des collectifs de travail et dans l’intervention auprès des usagers et bénéficiaires des services sociaux. En procédant à l’observation et l’explicitation de l’évolution des pratiques numériques dans le champ du travail social, et en portant une attention égale aux différents degrés d’implication des acteurs (professionnels « de terrain », cadres intermédiaires, personnels de direction, dirigeants associatifs, élus), on cherchera à identifier les facteurs qui concourent à la définition des normes d’usages au sein des collectifs de travail. Nous explorerons l’hypothèse selon laquelle les usages des technologies numériques dans le champ social résultent de processus d’appropriation de l’environnement technique par les professionnels « de terrain », dans une perspective à la fois congruente (conforme à l’éthique professionnelle) et capacitante (accroissement du pouvoir d’agir). Les résultats de la recherche devront permettre de mieux appréhender les conditions matérielles, techniques, culturelles et sociales favorisant l’adoption des technologies numériques partagés au sein des collectifs de travail du champ social et d’adapter en conséquences les modalités de formation professionnelle, d’actualisation des pratiques et de pilotage des dispositifs et des services sociaux.

En cours – Didier Perret – Dynamiques collectives et parcours individuels dans l'appropriation des instruments numériques par les enseignants du second degré .

Depuis la rentrée 2016, l’académie de Rennes a mis en place une nouvelle structure au sein bassin d’action de la politique éducative (BAPE), les coopératives pédagogiques numériques. Elles sont l’un des éléments du projet intitulé Living-lab Interactik, qui se construit dans le cadre de l’appel à projet EFRAN national (PIA 2). Les deux programmes de recherche régionaux, lauréats d’EFRAN, ACTIF et IDEE, sont articulés avec le living-lab Interactik. Cette thèse IDEE N°3 s’inscrit dans l’un des trois volets de recherche IDEE « AppropriatiK » en interaction avec le volet « CERAD » sur l’étude des ressources numériques permettant la mise en autonomie des élèves avec le numérique et le volet « Familles Digitales » qui s’intéresse aux liens entre les usages du numérique hors temps scolaire par les adolescents et leurs parcours éducatifs. A partir d’observations participantes en immersion dans les établissements, de questionnaires sur les pratiques et d’un suivi longitudinal des enseignants et des élèves, cette thèse IDEE N°3 vise à établir pour les enseignants une méthodologie d’explicitation scientifique des modèles d’innovation pédagogique et numérique. Nous nous appuierons sur les travaux de recherche menés au « collège connecté » Léonard de Vinci à Saint Brieuc (Plantard, 2016) et questionnerons l’articulation entre parcours individuels (Plantard, 2009) et dynamiques collectives (Bandura et Walters, 1963 ; Dutercq, 1991; Proulx, 2005) dans ces établissements. Une méthodologie de diagnostic numérique territorial sera construite à partir des données de réseaux sociaux des établissements (Wasserman et Faust, 1994) et de leur rapport au territoire (Andris, 2016) par une intégration dans un GIS.

En cours – Yann Guéguen – Éducation musicale et conditions capactitantes d'environnements numériques musicaux en filière SEGPA de collèges connectés.

Codirection avec Bruno Bossis.
Ayant posé une première hypothèse quant à la disparition programmée de l’éducation musicale – au sens institutionnel – nous nous intéressons à l’infléchissement des pratiques musicales sous l’angle des usages numériques dans l’institution scolaire française, en souhaitant poursuivre et développer notre expérience de terrain initiée lors de nos deux précédents Master1. Dans une démarche de recherche-action, il s’agit de poser notre point de vue du côté des sciences de l’éducation et de l’anthropologie, tout en considérant simultanément le contenu de notre sujet comme objet musicologique. En tant que discipline, la musique, art du temps, engage un investissement singulier, corporel, émotionnel, conceptuel et spirituel. Organiquement liée aux changements des sociétés, elle questionne au premier plan différents étages symboliques civilisationnels de premier rang comme le code, le langage, l’écriture, et résiste étrangement – en son versant éducatif – aux anomies sociales et politiques successives. Nous serons donc amenés à en examiner ses usages par les communautés concernées par notre terrain, du point de vue anthropologique, en considérant les technologies numériques musicales et sonores (objets, réseaux, méthodes, instruments) comme à la fois potentiellement génératrices de pôles de créativité pour la transmission et l’apprentissage musicaux, et aussi comme un terrain de recherche fructueux pour l’observation des tensions entre les notions de ségrégation et capacitation

En cours – Véronique Le Chêne – E-inclusion des personnes en situation de handicap mental et psychique.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances admet pour la première fois en France que c’est la société qui doit s’adapter aux personnes en situation de handicap et non l’inverse. Bien que des solutions de compensation soient offertes, de nombreuses inégalités subsistent, notamment en terme d’accessibilité et d’usage des technologies numériques. Celles-ci se sont banalisées dans notre quotidien et dans notre vie professionnelle sans tenir compte de ces publics fragilisés. Nous avons constaté dans une précédente recherche réalisée auprès de 600 travailleurs en situation de handicap mental ou psychique une situation d’e-exclusion, un isolement dans des établissements spécialisés qui favorise l’émergence de représentations sociales négatives et une intégration de ces représentations qui influence les pratiques. Pour réduire ces inégalités et les risques d’exclusion qui en découlent, l’e-inclusion a pour principaux objectifs d’accompagner ces personnes dans un processus d’appropriation de ces technologies afin qu’elles en tirent profit pour s’insérer socialement et professionnellement. Au travers d’une recherche-action, ce projet de thèse a pour objectif d’identifier des processus d’intégration des technologies numériques par ces personnes dans une logique de parcours de vie (scolarisation, formation, emploi, hébergement) et d’identifier les effets de leurs usages sur leur identité, leur inclusion sociale et l’organisation des établissements chargés de les accompagner. Il vise également à modéliser des processus d’inclusion sociale et professionnelle et à identifier les effets de l’usage des technologies numériques dans ces processus.

En cours – Coline Rual – L'e- éducation et l'analyse du mouvement au service du marketing sportif : optimiser l'apprentissage et la performance du cavalier pour un repositionnement stratégique de la discipline ludo-sportive équestre.

Codirection avec Christine Petr

En cours – Sophie Masson – Modélisation des processus d'appropriation des environnements socio-techniques par les enseignants du primaire.

Dans le champ de l’anthropologie des usages, ce projet de thèse s’intéresse aux pratiques pédagogiques fondées sur les environnements socio-techniques des enseignants, avec une focale sur le premier degré, degré d’enseignement qui se différencie fortement du second degré en raison de contraintes inhérentes à son histoire, à sa structuration, à son mode de pilotage et son fonctionnement, et qui propose un contexte à la fois facilitateur par certains côtés et fortement contraint par d’autres pour l’intégration des technologies numériques (Béziat & Villemonteix, 2012). Partant du constat que les pratiques numériques, saturées d’affects, agissent comme un miroir révélant des faits, des postures, des sentiments profondément enfouis, que chaque individu se dévoile dans ses pratiques numériques, révélant autant de l’individu que de sa vision du monde avec, dans ou par l’instrument technologique (Plantard, 2014), cette recherche donnera la parole aux enseignants et permettra ainsi d’éclairer leurs représentations (tant au niveau micro centré sur leur posture pédagogique, leur identité professionnelle et leur rapport aux technologies, qu’au niveau méso avec leur relation au territoire et qu’au niveau macro-social avec leurs rapports paradoxaux à l’institution) et de modéliser les différents processus d’appropriation des technologies numériques par ces enseignants. Trois plans conceptuels sous-jacents seront abordés : la (les) littératie(s) numérique(s), la question de la « reconnaissance » (Honnet, 2013) dans la nouvelle professionnalité enseignante, et la mise en récit (Ricoeur, 1991) des parcours d’appropriation des technologies numériques par les enseignants.

2017 – Marianne Trainoir – Ethnographie des pratiques numériques des personnes à la rue.

Codirection avec Bertrand Bergier.
La question « SDF » est étudiée au sein de deux paradigmes : l’approche critique qui insiste sur les phénomènes de domination sociale et l’approche interactionniste qui souligne les adaptations successives que les individus mettent en œuvre. Ces adaptations sont étudiées à travers des situations particulières dans lesquelles l’identité de sans domicile se construit et une carrière se dessine. Cette carrière est abordée soit comme une carrière de désocialisation dont la clochardisation constitue l’horizon, soit comme une carrière de survie dont le maintien de soi forme la perspective quotidienne et biographique. Dans ce cadre, les travaux menés sur les questions de la « sortie » et du « chez soi »ouvrent la voie à une approche renouvelée du maintien de soi au-delà de la gestion de la « face » en situation. C’est dans cette perspective que s’inscrit notre ethnographie des pratiques numériques comme supports pratiques du maintien de soi. L’expérience de l’errance est traversée par un certain nombre d’épreuves rassemblées dans une lutte pour le maintien de soi. Ainsi, le maintien de soi est à la fois une préoccupation quotidienne et une question biographique englobant les temporalités passées, présentes et futures. Il se travaille dans le quotidien de la survie mais aussi dans le travail de mémoire, de présentation, d’expérimentation et de projection de soi. Si la lutte contre la déprise est un travail essentiellement invisible, les pratiques numériques, observées dans l’écologie de l’activité, offrent une entrée pour l’observation et l’analyse. Ainsi, les pratiques numériques supportent, dans le quotidien de la survie, les démarches d’accès aux droits et la négociation de marges d’autonomie. Elles sont également un support des sociabilités familiales et amicales. Les pratiques numériques, à l’interface entre le privé et le public permettent aux personnes à la rue de s’aménager des temps et des espaces pour se soucier d’elles-mêmes. Enfin, notre recherche montre que les pratiques numériques constituent un support ambivalent, tantôt habilitant, tantôt disqualifiant. En effet, le support ne s’actualise pas nécessairement positivement et peut, au contraire, se retourner contre le sujet, alimentant l’émiettement identitaire et renforçant les sentiments de solitude et d’indignité.

2010 – Le Mentec Mickaël – Usages des TIC et pratiques d’empowerment des personnes en situation de disqualification sociale dans les EPN bretons.

Codirection avec Paul Taylor.
Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, les technologies de l’information et de la communication (TIC) envahissent tous les secteurs de la vie sociale, professionnelle ou culturelle. Pour éviter qu’un fossé numérique se creuse, les espaces publics numériques (EPN) ont été créés dès 1998 afin de permettre à toutes les personnes qui le souhaitent de bénéficier d’un accès accompagné aux TIC. Ces espaces ont aujourd’hui, malgré eux, la mission délicate d’accompagner certains publics qui se trouvent dans l’obligation d’utiliser ces outils numériques, en l’occurrence les demandeurs d’emploi pour lesquels l’usage d’Internet et autres logiciels sont devenus des outils indispensables à leurs démarches de retour à l’emploi. Face à un système de retour à l’emploi qui semble privilégier une logique de traitement des dossiers sur des critères d’efficacité quantitatifs au détriment de l’accompagnement, ce travail de recherche montre comment le public des disqualifiés sociaux s’approprient ces lieux de diffusion du numérique pour développer des usages des TIC et des pratiques d’empowerment afin de se libérer de l’assistance exercée par l’institution.

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2006 – Tiemtoré Windpouiré Zacharia – Les TIC dans l’éducation en Afrique Subsaharienne : du mythe à la réalité. Le cas des écoles de formations des enseignants au Burkina Faso.

Brigitte Albero et Théophile Serge Balima.
La recherche présentée vise à explorer les enjeux de l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le domaine de l’éducation en Afrique sub-saharienne. Selon une approche à orientation socio-politique, il s’agit de contribuer à mettre en valeur les différentiels entre les discours d’acteurs sociaux et les pratiques effectives sur le terrain. L’étude se centre sur le cas de l’intégration des technologies dans la formation des enseignants d’un pays pauvre où le taux d’analphabétisme est important : le Burkina Faso.

Ce travail tente de montrer qu’une intégration des TIC en éducation, dont l’objectif déclaré est de résoudre des difficultés d’ordre structurel, institutionnel et pédagogique et de réduire l’écart socio-économique avec les pays industrialisés, constitue une utopie au stade actuel du développement du Burkina Faso. Une utopie basée sur une interprétation mythique des technologies.

Un premier chapitre réunit des éléments de contexte. Un deuxième chapitre propose un état des lieux des travaux antérieurs et les repères théoriques qui orientent cette recherche. Un troisième chapitre expose la démarche méthodologique. Un quatrième et dernier chapitre présente les résultats de l’analyse croisée de données d’observation (observation directe et fiches de renseignements), de données de contenus (textes officiels) et de données provenant de vingt-cinq entretiens d’acteurs éducatifs et politiques.

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